AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  



Partagez | 
 

 Takatsukasa Soren

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
avatar
Messages : 107
1er Rôle
Pouvoir : *
Relations : Soyez les notes de mes gammes
Journal : Partitions
Meika




MessageSujet: Takatsukasa Soren
Dim 2 Nov - 22:12
Voir le profil de l'utilisateur



TAKATSUKASA Soren

Âge: 24 ans
Sexe: Féminin
Date de naissance: 3 Février
Profession: Noble de la Cour | Nyôbo
Feat.: Nohime | Sengoku Basara


Caractère
Physique

Il est un fait que peu savent, la sévérité de Soren est purement physique. Vous l'imaginez extrêmement dure, froide, cassante et désagréable, elle est pourtant tout autre. Vous vous souvenez de ses yeux inexpressifs ? Eh bien dites vous que sa voix et toute autre ! Si, si, nous vous l'assurons ! C'est vrai, les notes graves tendent plutôt à appuyer une certaine dureté, mais ne vous arrêtez pas à cela ! Poussez un peu plus loin, faites un pas de plus et vous allez enfin entendre toutes ces notes que sa voix peut jouer et toute cette gamme d'émotions qu'elle est capable de ressentir, comme tout un chacun. Vous serez enfin devant la vraie Soren, pas celle des mauvaises langues et des lâches qui l'affublent des pires adjectifs car ils n'ont pas eu ce courage de l'approcher. « Dame de la Cour » nous disions aussi, sachez qu'elle l'est de même plus physiquement que psychologiquement. Oh, elle reste un modèle de maintien, de bienséance et de respect mais elle a ce caractère qui lui est propre et qu'on associe peu aux nobles.

Il faut le dire et nous vous cédons ce point, Soren est étrange. Elle a toujours était d'une nature enjouée et taquine, aussi étonnant que cela puisse paraître à cause de ses traits et même si avec l'âge elle s'est quelque peu assagit, elle l'est toujours. D'ailleurs cela nous embête encore des fois, alors que nous essayons de faire comprendre aux autres qu'elle n'est pas la femme sévère qu'on croit, elle s'amuse à jouer cette facette qu'on s'imagine d'elle et met tous nos efforts à néant. Franchement, il n'y a qu'elle pour jouer de cela alors qu'ici tout le monde cherche à être le mieux perçu possible. Soren s'en fiche. Son je-m'en-foutisme à ce sujet est si grand qu'il est absolument impossible de la faire sortir de ses gonds en la dénigrant de la pire des manières. Ce qui n'est absolument pas le cas si vous vous attaquez à l'un des membres de sa famille. Elle est bien trop intelligente pour s'emporter devant vous et vous satisfaire en vous donnant raison ou de vous donner de la matière pour que vous puissiez casser encore plus de sucre dans leur dos. Qu'est-il arrivé à la dernière qui a oser s'en prendre aux Takatsukasa en sa présence déjà ? Ah oui ! Son noble mariage a été annulé et elle se voit maintenant devoir épouser un homme bien moins fortuné, quel dommage !

Soren aime jouer avec les gens, les surprendre en agissant ou disant ce qu'on attend le moins d'elle. Elle peut être avec vous, à discuter de tout et de rien bien tranquillement et éclater de rire sans prévenir avant de redevenir aussitôt impassible, comme si rien ne s'était passé. C'est à vous demander si cela s'est réellement déroulé et là est le point. Elle parvient avec une facilité déconcertante à vous faire douter de vous et s'amuse de cela ! Elle peut rester de longues minutes silencieuse comme si vous n'étiez pas là alors que vous venez de lui parler, donnant cette impression à ceux qui n'y sont pas habitués qu'elle les snobe, pourtant ce n'est pas le cas. Son excuse ? Elle écoutait la voix fluette de la brise ou le chant fort du vent. Elle vous dira cela avec un tel sérieux que vous ne savez pas si elle se moque gentiment de vous ou si elle vous envoie magnifiquement balader. Sachez qu'elle est aussi capable de rester des heures immobile sous la pluie à l'écouter raconter ses histoires, à y rire même. D'étrange, elle passe à complètement folle pour certains et nous ne pouvons que comprendre, malheureusement. Nous ne savons pas pourquoi elle agit ainsi, C'est comme cela, c'est tout. C'est Soren. Impossible de savoir toutes les réflexions qui traversent ses esprits.

En fait il faut la connaître pour ne pas s'étonner ou se vexer de ses bizarreries. Car ceci est d'autant plus déroutant quand  cette femme extrêmement cultivée et raffinée s'est comportée « normalement » la première fois que vous l'avez rencontré et encore plus quand elle peut faire fi de cela pendant un temps plus ou moins long.

Soren est une amoureuse incontestée des arts et plus particulièrement de la musique.  Elle l'apprécie tant qu'elle ne se retient pas de le partager avec qui veut bien lui prêter l'oreille. C'est son monde et si elle refuse de vous jouer un morceau c'est que quelque chose ne va pas. Observez la bien lorsqu'elle joue, c'est  le seul moment où son visage s'illuminera sans qu'elle ne s'en rende compte. Elle apprécie traiter de philosophie ou de poésie, mais elle aime bien plus partager son savoir, le communiquer via ses leçons. C'est une excellente pédagogue, exigeante et souvent dure dans ses critiques. S'il y'a une qualité qu'elle estime plus que les autres, c'est la persévérance. Elle n'apprécie que peu ces gens qui abandonnent à la moindre difficulté et ne font pas le moindre effort. Contrairement à la plupart, elle ne considère pas que tout est servit sur un plateau d'argent et que tout nous est dû et acquis par notre statut. Soren s'inquiète pour les autres et prend à cœur de les soutenir quand elle sait qu'ils ne se reposent pas sur leurs acquits. Elle se montre d'ailleurs particulièrement véhémente envers ceux qui se complaisent de leur petit confort et larmoient dès qu'ils n'ont pas le bon nombre de grains de riz dans leur bol.

Son oreille est attentive à tous elle aussi, mais faites tout de même attention car pour Soren, se confier, c'est aussi accepter le jugement de ceux qui vous écoutent et dans son cas, elle ne mâche pas ses mots lorsqu'elle le fait, alors ne vous attendez pas forcément à avoir de belles paroles douceâtres dont l'unique intérêt serait de vous rassurer. Elle vous dira ce qu'elle pense en toute franchise et ne se retiendra pas même si elle sait que cela vous blessera sur le coup. Elle préfère que vous la détestiez pour cela plutôt que de vous savoir incapables d'aller de l'avant.

Nous aurions encore bien des choses à dire sur son sujet, mais nous vous laissons la découverte des autres aspects de sa personnalité lors de votre rencontre avec cette femme bien particulière mais dont on s'attache bien vite dans le fond.


Taille : 1m69
Poids: XX
Cheveux: XX
Yeux: XX
Autre(s) : En général:
Impossible de le réfuter, la seconde fille des Takatsukasa est une digne représentante de la Cour impériale. Vous pourrez l'affubler de ces rustres vêtements de la populace et oser la recouvrir de boue, impossible de cacher son lignage, la noblesse de son être transparaîtra toujours. Elle est de ces beautés qu'on apprécie contempler mais qu'on ose jamais approcher. A la première vision de la dame, il vous semble avoir imaginé ses traits et son entité, à la seconde sa présence vous apparaît bien réelle et à la troisième vous vous dites que simplement l'observer de loin vous suffit, refroidit que vous êtes de vouloir l'aborder. Pour qu'elle raison demanderez-vous ? Si la jeune femme dispose d'une grande taille peu commune de ses contemporaines du pays et qui peut déjà faire son petit effet, la réponse se trouve bel et bien dans ses traits.

Pourtant fins, ils accusent de cette sévérité qui vous retient de faire un pas de plus vers elle. Des sourcils étroits et légèrement froncés au-dessus de paupières constamment fermées et tracées de longs cils noirs. Des lèvres bien dessinées mais dont la commissure pointe vers le bas et qui laissent s'échapper une voix aux tonalités graves. C'est simple, la noble dame arbore toujours une expression neutre frôlant l'agacement. Elle semble toujours insatisfaite. Vous vous dites alors que s'il vous était possible d'apercevoir les prunelles de cette belle, un regain de courage viendrait vous pousser. Oubliez. Les deux perles noirs qui vous fixeront alors auront beau vous subjugué dans un premier temps, elles finiront vite par vous mettre mal à l'aise. Ces yeux s'ancrent sur vous, ils donnent cette impression d'être traverser de part en part, d'analyser la moindre parcelle de votre être. Sensation bien désagréable, d'autant plus si vous savez que sa vision l'a quitté il y'a de cela de nombreuses années désormais. Chose déroutante aussi, ils ne s'illuminent d'aucune émotion. Vous pourrez voir l'environnement qui vous entoure s'y refléter mais jamais ils ne vous diront si elle est capable de ressentir de la joie ou de la colère. Ils brilleront et se réchaufferont par la lumière du soleil ou de la flamme d'une bougie (ou tout autre source de feu), prenant alors une teinte brun rougeâtre qui pourrait presque attendrir la dureté de ses regards. Presque.

Nous sommes bien d'accord, il est fort dommage qu'une telle beauté soit ainsi gâchée par tant de sévérité. Beaucoup ont déjà soupirés de ce fait et combien se sont sentis frustrés de ne pas pouvoir admirer sa longue chevelure de plus près, de pouvoir attester de leur douceur. Et cette peau d'albâtre ! Celle qu'on devine sous ses multiples couches de vêtements, ne l'était-elle pas aussi ? Ce parfum fugace qui vient vous chatouiller les narines lorsqu'elle passe à proximité de vous, quel est-il ? Vous l'avez déjà voulu n'est-ce pas ? Qu'elle s'arrête pour que vous puissiez le humer plus longtemps et vous dire qu'il y' a bien de la douceur quelque part chez cette femme. Mais elle ne vous en a jamais laissé l'occasion. Soit elle s'est éloignée bien vite, soit sa prestance naturelle vous a fait douter trop longtemps et le courage vous à vite abandonné. La lenteur et la grâce de ses mouvements vous font grincer des dents n'est-ce pas aussi ? Encore quelque chose qui vous attire mystérieusement à elle. Cependant ce qui vous subjugue le plus chez elle, ce sont ses mains. Grandes, fines, aux longs doigts, vous auriez préféré qu'ils s'assimilent aux serres de ces horribles volatils, crochus et rugueux, mais il n'en est rien. Vous voulez que ces mains se tendent vers vous, qu'elle viennent caresser les vôtres, voire même votre visage. Avouez qu'il vous est déjà arrivé de jalouser ses instruments de musique !

Le physique de Soren est ainsi, représentant attirance et exclusion en même temps. Et si nous vous disions qu'elle est ainsi naturellement, qu'il lui suffit pourtant de sourire pour qu'enfin elle reflète la douceur que ses gestes esquissent et que cela n'a rien à voir avec sa personnalité, mettriez vous ce jugement au premier regard de côté et nous croiriez-vous ?


Accessoires ou armes:

Des armes mais quelle horreur !
Les possessions de Soren sont multiples mais s'il y'en a qui lui sont fort connues ce sont bien ses nombreux instruments de musiques.


Histoire

« J'ai toujours étais une enfant sensible, du moins mère l'a toujours affirmé. Déjà en bas âge il semblait que les humeurs des autres et l'ambiance environnante affectent mon propre tempérament. Il semble aussi que tout ceci m'a rapidement lassé et que pour y palier j'ai développé gaieté et espièglerie. Il fallait que je fasse sourire et rire les gens dès que je le pouvais. De ce fait, j'étais bien plus calme lorsque tout allait bien pour tout le monde et je crois qu'au final cela forçait les autres à devenir plus optimistes. Cela m'a valu quelques réprimandes bien évidemment, ce n'est pas un comportement qu'on attend d'une enfant d'une noble famille comme la notre, mais je n'ai jamais pu m'en empêcher. »

-  Tu ne t'en retiens toujours pas d'ailleurs, grande-sœur.
-  Tsubame !
-  Quoi donc ? Je ne dis que la vérité !
-  Je le sais très bien mais je veux entendre la suite moi !
-  Ne sois pas si impatiente mon petit Pinson, mon histoire risque de t'endormir plus que t'enchanter.

« Je vous passe la généalogie de notre maisonnée vous la connaissez déjà sur le bout des doigts. Oh... Aurais-je entendu un raclement de gorge ? Serait-ce toi Atori ? Si tu doutes encore sur certains noms je te conseille de les revoir dès ce soir, je te poserais des questions demain. Où en étais-je... Ah oui ! Au tout début. Nous entendons souvent dire que le peuple nous envie et que certains nobles envient la liberté et la simplicité des gens de ce même peuple. Malgré mes dérives de gamine, sachez que cela n'a jamais été le cas pour moi. Oh j'ai bien été curieuse de voir ce qu'il se passe dehors oui, mais sans plus. Pourquoi se plaindre de notre condition ? Cela prouve bien que l'humain est incapable de se contenter de ce qu'il possède déjà. Nous en philosopherons plus tard.

J'ai passé mon enfance principalement entourée de mère, de notre sœur aînée et de Matsu. Chôjirô et Daichirô sont vite venus se greffer, bien que Chôjirô aient dû poursuivre ses enseignements qui le préparaient à prendre la suite de père à la tête de la famille. Le pauvre, ils ne le lâchaient pas ! Nous avions vite eu pitié de lui et nous sommes donnés le devoir de le distraire de temps à autre, de l'extirper de ce monde reclus des héritiers pour l'inclure dans nos escapades lorsque nous en programmions une. Le palais peut être représenté comme une zone restreinte, mais il regorge de tant d'endroits entre ses hauts murs qu'il n'y a pas meilleur terrain de jeu pour nous autres. Nous nous sommes faufilés dans ses moindres recoins, nous aventurant même dans certains pavillons dont on nous interdisait l'accès.  

Ajoutez à cela nos heures de leçons et vous avez ma foi, des journées bien remplies ! Contrairement à ce qu'il se dit, je ne me suis pas tournée  vers la musique après avoir perdu la vue car il s'agissait de la seule chose que je pouvais encore accomplir. J'y ai accordé tout mon intérêt depuis toujours. Les gens croient que ma virtuosité vient de tout ce temps d'apprentissage. N'ayant que cela à faire je pouvais bien m'y atteler au point d'atteindre le niveau que j'ai actuellement n'est-ce pas ? Il n'en ai rien. Je n'ai jamais appris à jouer d'un instrument, je n'ai jamais appris à retenir une mélodie et à la retranscrire à l'identique. La musique est un langage aux multiples facettes. Pire affront ne peut lui être fait que de se contenter de copier simplement ses sons. Les poèmes nous bernent avec de beaux mots et de belles tournures, la peinture fait de même avec ses traits courbes et ses couleurs. Ils sont le concret  dont l'Homme à désespérément besoin pour magnifier son monde et ses sentiments.
»


-  Qu'est la musique dans ce cas ?
-  J'allais y venir Chizuru.
-  Hum... Désolée de couper, j'apprécie moi aussi quand grande sœur nous parle de musique -et encore plus quand elle en joue- mais elle devait avant tout nous raconter son histoire !
-  Suzume...
-  Oui je sais... « La curiosité est un vilain défaut » et c'est égoïste de ma part, mais j'ai vraiment-vraiment-vraiment envie de savoir !
-  Il est vrai que nous n'avons jamais eu l'occasion de t'entendre parler de ton enfance et de ta vie d'avant.
-  Allons... Dois-je vous rappeler que je n'ai que vingt-quatre ans ? A vous entendre on dirait que j'ai déjà atteint l'âge avancé de la sagesse. Je vais pleurer.
-  Haha ! Ne fais pas cette tête grande sœur ! C'est simplement que tu as fais tellement de choses déjà !
-  Tant de choses ? Vraiment ? Mes chères petites sœurs vous vous emballez. Mais soit, laissons la musique de côté pour le moment et reprenons le sujet de départ.


«  J'avais cinq ans lorsque j'ai rencontré Hirotsugu-sama pour la première fois. »

-  Cinq ans ? Mais vous étiez extrêmement jeunes !
-  CHUTEUH !
-  Roh ça va...

« J'ai dis rencontré, Chizuru. Ce n'est pas comme si croiser des nobles et des enfants de nobles est une chose rare ici. Il accompagnait madame sa mère alors en visite chez nous. Vous auriez dû le voir, toujours accroché au kimono de la dame sa mère ! Ri-di-cule. Retenir l'éclat de rire me fut tout simplement impossible. J'ai mise mère dans l'embarras par pareille réaction mais Dame Tsuneko ne s'est guère offusquée et sa réprimande à son propre fils n'a fait qu'accentuer mon hilarité et fait naître toute ma sympathie envers elle. Je n'ai compris que plus tard que la sensibilité et la douceur dont il était pourvu, étaient héritées de cette grande Dame. Ce sont aussi ces deux traits de caractère qui ont eu raison de moi et qui ont développé les sentiments que je lui porte. Nous nous sommes rencontrés fréquemment après cette première visite, subtiles manœuvres de mère et de Dame Tsuneko, mais nous étions trop jeunes pour comprendre ce qu'il se passait ou se décidait au dessus de nous.

C'est d'ailleurs lors d'une de ces visites, une de ces rares occasions où nous autres aînés, étions tous ensemble à jouer dans les jardins, que l'incident eu lieu. J'avais alors sept ans. Je n'ai pas réussis à rattraper la balle que me lançait Chôjirô et celle-ci est allée joyeusement rouler dans les buissons fournis qui bordaient les hauts murs. Hirotsugu-sama s'était proposé d'aller chercher la fugitive mais ma fierté de petite fille m'avait fait estimer que j'étais bien capable d'aller le faire moi-même. Ce dont je m'estime heureuse en sachant ce qu'il s'y est passé. La balle, cette vicieuse, avait roulé plus loin que je ne l'avais pensé et j'ai dû crapahuter entre les fins branchages. Dans mes recherches j'ai malencontreusement importuné un serpent. Le pauvre, il devait sans doute profiter du couvert des buissons pour s'accorder du repos. Je ne me souviens plus clairement de comment les choses se sont déroulées, c'est allé trop vite. Je suis tombée, j'ai senti quelque chose sous le menton, j'ai vu un serpent et sa mâchoire se rapprocher puis quelque chose de pointu percer à l'arête du nez, juste aux coins des yeux. Ces derniers ont commencé à chauffer et tout devint noir. Je n'ai pas eu mal et si j'ai pleuré après cette mésaventure c'est parce-que le mouvement du serpent m'avait prise de court et qu'il m'avait ainsi effrayée.

Il faut le dire, la chance m'a tout de même accompagnée dans cette malchance. Le venin du reptile n'était pas mortel. Je n'ai fait qu'une poussée de fièvre et perdre la vue. Cela paraît comme une fatalité aux premiers abords mais avec le temps tout finit par se relativiser et il m'a été permit de découvrir bien des choses qui me seraient restées éternellement inconnues si je n'avais pas perdu ce sens. Les yeux ne voient que la surface des choses, ils ne faut pas s'y fier. Je ne dis pas que cela n'a pas était difficile, les premiers mois ont été un vrai calvaire. Je renversais tout, butais partout... J'ai arrêté de compter mes chutes après la quatre-cent vingt-troisième. J'étais désemparée et n'arrivais à rien. Je ne serais sans doute pas ici si mère ne m'avais pas soutenu dès cet instant.
»

-  Soutenue ? Grande sœur nous a dit qu'elle l'avait estimé extrêmement dure avec toi.
-  Vraiment ? Cela n'est guère surprenant, toutes deux ne se sont jamais comprises et je crois qu'elle m'en veux aussi de m'être tant calqué sur son caractère, mais reprenons.


« Si le comportement de mère à mon égard a pu prêter à confusion c'est bien parce-qu'elle ne l'a en rien changé malgré mon handicap. Mère a toujours été une femme très exigeante et avait particulièrement à cœur notre éducation. Même au sein de la Cour nous ne sommes pas de ces simples nobliaux. Nous sommes une élite et chacun d'entre nous se doit d'en être un digne représentant. Perdre la vue n'est en aucun cas une excuse pour commencer à décliner vers la médiocrité. Cela peut paraitre dur en effet, mais c'est ce qui m'a permis de devenir la femme que je suis aujourd'hui. Tout obstacle fusse-t-il, il ne faut en rien le laisser nous arrêter. A le faire tomber nous n'en sortons que renforcés et la persévérance est notre meilleure alliée pour accomplir cet exploit. Alors j'ai persévérer. Soit, je ne pouvais plus lire, ni écrire et ce premier cas m'attriste plus que le second car j'aimais beaucoup lire à la lueur des bougies mais cela ne stoppa en rien mes enseignements.

De toute manière, j'étais déjà tournée vers la musique comme je ne cesse de le répéter et pour cela la vue n'est guère utile vous en conviendrez. C'est à continuer à tenter de comprendre tous ces instruments de musique que ma conception du monde autour de moi a crucialement été réformée. Force est de constater qu'il est aisé de se défaire d'un atout pour en perfectionner un autre. La mémoire visuelle ne m'étais plus d'un grand secours en conséquence, l'audition l'a efficacement et magnifiquement remplacé. Mais elle n'est pas la seule. Si je suis capable désormais de vous cerner, de savoir que tu viens d'hésiter à prendre un quatrième mochi Chizuru, que tu viens de hausser tes sourcils, surprise, qu'Atori a tourné la tête pour lancer un coup d’œil à l'extérieur juste plus tôt, que Tsubame ne cesse de sourire depuis tantôt et que Suzume est accrochée à mes lèvres comme un nourrisson au sein de sa nourrice, si j'arrive à contourner la majorité des obstacles sur mon chemin, à ne pas me perdre, à savoir si quelqu'un approche, à interpréter avec justesse son attitude et ses mouvements à mon égard et à celui des autres, c'est parce-que j'ai appris à me fier à chacun de mes autres sens. L'on peut dire que je suis telle un instrument. Les cordes de mes sens ont été accordées pour pouvoir délivrer les notes les plus fortes et délicates et exprimer avec virtuosité la mélodie de ma perception qui en est alors la résultante.

J'ai pu compter sur le support de plusieurs personnes lors de ce long périple. Outre mère, Matsu, Daichirô, Hirotsugu-sama et Haya m'ont beaucoup aidé. Haya est un nom qui vous est inconnu et c'est bien normal vous ne l'avez jamais appelé ainsi. Matsu vieillissant, il lui fallut de l'aide pour pouvoir m'accompagner où bon me semblait et Haya est ainsi arrivée en renfort. Elle était bien jeune. Elle avait mon âge pour être exacte. Mère avait estimé qu'il serait plus simple pour moi de suivre les encouragements d'une gamine de mon âge. Gamine qui malgré son statut pourrait développer assez de connivence avec moi pour qu'une amitié ainsi se créer. Chose qui arriva, bien entendu. Mère était une observatrice et une calculatrice redoutable après tout, mais là n'est pas le sujet. Ce que mère n'avait cependant pas imaginé, c'est qu'une autre personne en vienne à apprécier Haya pour la perle qu'elle était.

Depuis l'incident, Hirotsugu-sama n'avait de cesse de venir pour m'aider lui aussi, pour me faire la lecture majoritairement. J'ai d'abord cru à de la pitié et me suis vexée de ses démarches, j'en était presque arrivée à être désagréable avec lui. Il n'a jamais abandonné et petit à petit je me suis remise en question et  me suis dit qu'apprendre à le connaître réellement n'était peut-être pas une mauvaise idée. Nous sommes devenus très proches, pour le plus grand bonheur de mère et Dame Tsuneko. Elles n'ont cependant pas réussis à bien interpréter la nature de nos sentiments respectifs et si amour il devait y avoir, il fut développé entre Hirotsugu-sama et Haya. Ne pas avoir pu les voir jouer les amoureux timides et mielleux rougissant au moindre regard ou contact imprévu est une des choses qui me font regretter d'avoir perdu la vue. Très franchement, sans eux deux, je crois que je n'aurais jamais été capable de pouvoir ressentir les émotions maîtresses entre deux personnes.

Les années passèrent, chacun grandissant et changeant à son rythme.  Il n'y eut qu'une chose qui ne varia pas, les doux sentiments que partageaient Hirotsugu-sama et Haya. Seulement, une telle relation est inconcevable et il n'y avait qu'une seule chose à faire pour qu'ils puissent jouir de l'un et de l'autre sans qu'aucun réel préjudice ne soit porté. C'est une question qui m'a beaucoup travaillé et si les adultes n'étaient pas vraiment pressés, il a été possible de précipiter un peu notre union et c'est donc à l'été 1661 que j'épousais Hirotsugu-sama. Il avait dix-sept ans, j'en avais quinze. Il fallut tout de même attendre encore deux ans afin de pouvoir concrétiser leur relation, du moins d'une certaine manière.

Il ne c'est donc rien passé pendant ces deux années. Je vivais avec Hirotsugu-sama. Il prenait à cœur la gestion de la famille Konoe et je continuais à faire chanter le koto, le kokyû, le shamisen, le shakuhachi et le yôkobue afin de satisfaire et d'émerveiller tous ceux qui me le demandaient gagnant ainsi une notoriété qui vint s'ajouter à celle de notre famille et celle que j'avais rejoint par le mariage. Nous étions complices de nombreux moments mais encore une fois, les gens se fourvoyaient sur nous.

La naissance d'un héritier est toujours fortement attendue et c'est le devoir premier de toute épouse. Or quand cette même épouse ne parvient pas à fournir cet héritier tant voulu, il faut bien penser aux autres options. Pour qu'Haya soit considérée comme une de ces options, il fallait qu'elle surpasse les autres, moi compris. Je ne vous cache pas que j'ai été extrêmement heureuse lorsqu'elle a annoncé être enceinte. Il fallait maintenant qu'elle donne naissance à un fils, ce qu'elle fit avec brio malgré qu'elle soit ressortie assez affaiblie de ce premier accouchement. Le bébé fut nommé Iori et Haya fut dès lors reconnue sous le nom de Dame Kotobuki.

Il était doux de vivre à cette époque là. Le calme régnait à la Cour, il nous suffisait juste de déguster ces moments, de les coucher sur le papier pour les poètes, poétesses et peintres, de les faire danser et chanter pour nous autres musiciens. Le bonheur que partageaient Hirotsugu-sama et Haya était communicatif et la maisonnée était à son apogée du bonheur.

Le déclin débuta avec la mort de Iori l'année suivante. Haya en fut toujours profondément affectée mais nous étions parvenus à lui faire surmonter ce cruel détour de la vie. Je tombais malade cette même année. Il ne fallait pourtant pas que je laisse la dépression et le malheur s'abattre sur nous si facilement. Ce ne fut pas aisé de jouer les personnes en parfaite santé alors que cela n'était pas le cas. Hirotsugu-sama perça plusieurs fois à travers mes mensonges enjolivés mais je ne comptais pas arrêter pour autant. Je le confesse, j'ai joué de mon alitement pour les pousser à poursuivre leur idylle, répétant inlassablement que j'aimerais une nouvelle fois entendre Haya m'annoncer qu'elle porte la vie et les entendre rire en berçant ce petit être, les savoir au comble du bonheur. Je ne pensais pas provoqué une telle chute...

Je me rétablissais et enfin cette nouvelle que j'attendais tant atteignit mes oreilles. Ce ne fut pas une grossesse facile mais Haya comptait bien donner cet héritier à Hirotsugu-sama et recouvrant moi-même la santé, nous pensions nous diriger vers ce doux avenir dont nous rêvions tous les trois.

Et l'Hiver 1665 arriva... Hirotsugu-sama se faisait un peu souffrant, la fièvre ne l'avait pas quitté sur les trois derniers jours mais ce n'était rien d'alarmant selon le médecin. Nous prenions le thé lorsqu'Haya fut prise de douleurs au ventre. C'était atroce. Je l'entendais gémir, se crisper sous la douleur et alors qu'on l'amenait à ses appartements une odeur particulière parvint à mes narines. Les hoquets de surprise des servantes me confirmèrent l'identité du liquide dôté de ce parfum. Le sang. En moins d'une heure, Haya succomba a sa fausse couche. Il régna un silence et un calme irréel lorsque son décès fut annoncé. Nous ne pouvions y croire, c'était impossible ! Elle riait de bon cœur juste avant ! Cela ne pouvait pas se passer comme ça, cela ne DEVAIT pas se passer comme ça ! Le pire dans tout cela, c'est qu'il rester encore à l'annoncer à Hirotsugu-sama. Nous étions tous figés, pris au dépourvus. Personne ne voulait s'acquitter de cette tâche, personne ne savait comment lui porter cette nouvelle. Il le fallait pourtant et je finis par me lever pour le rejoindre.

Il pleurait déjà. Il ne lui avait pas été difficile de comprendre ce qu'il venait de se passer en entendant toute cette commotion, ces cris puis ce silence mortuaire. Il a chuchoté mon nom, j'ai pris ses mains entre les miennes et nous avons pleuré. Je n'ai jamais autant pleurer. Je n'ai jamais autant souffert non plus.  Perdre ainsi Haya était difficile à concevoir et provoquait déjà ce flot de larmes, pourtant la douleur dans sa voix dans ses murmureset excuses, l'étreinte de ses doigts sur les miens n'étaient nullement des signes de soutient mutuel. Quand j'ai entendu ses premiers sanglots, je savais déjà ce qu'il avait en tête. Cela me rompit le cœur mais je n'ai pas cherché à l'en dissuader, je n'ai même pas cherché à le retenir, à lui dire que j'avais besoin de lui, que les perdre tous les deux serait trop me demander. Dans cette dernière étreinte lourde de peine et de douleur, nous nous sommes dis adieux. Je ne l'ai plus revu depuis, je me refusais à aller le voir alors que son état empirait. Deux semaines plus tard, il quitta enfin ce monde pour aller rejoindre Haya et leurs deux petits bambins. J'aime à penser qu'ils sont heureux désormais.



La suite vous la connaissez. Je suis revenue et j'ai repris ma place au sein des Takatsukasa. Ne pouvant rester inactive j'ai alors commencé à enseigner la musique. Mère commençant à sentir la fatigue qui vient avec l'âge, mais cela vous vous garderez bien de le lui dire auquel cas elle me ferait tuer, il faut dire qu'elle me délègue bon nombre de ses propres tâches et je dois dire que c'est très amusant de jouer ainsi avec les autres nobles !
»

-  Mais grande sœur... N'es-tu pas triste ?
-  A quel sujet ?
-  D'Hirotsugu-sama et de Dame Kotobuki.
-  Eh bien oui, pourquoi ? N'ai-je pas dis que j'avais pleuré ?
-  Si mais...
-  Mais quoi ?

Un froissement de tissu vite suivi d'un autre et le son caractéristique des pieds nus sur le tatamis me firent tourner la tête. Chizuru et Suzume venaient de se lever. Je les avais entendu sanglotter, peut-être étais-je aller trop loin dans mon récit, après tout, elles n'étaient encore que des enfants. Les pas se rapprochèrent, je m'attendais à une remontrance de Suzume, de toutes mes petites sœurs c'est elle qui se vexe le plus de ma fausse impassibilité. Il n'en fut rien. En même temps, deux paires de bras vinrent m'étreindre et je me retrouvais avec les deux sanglottant contre moi. De nouveaux bruits de pas et ce fut Atori qui vint faire de même. Tsubame, toujours digne, vint calmement s'asseoir à mes côtés et se contenta de prendre une de mes mains. Elle souriait et me transmettait par ce contact toute la compassion qu'elle seule pouvait faire preuve.

Ah mes sœurs, mes chères petites sœurs je vous aime tant ! Si je vous ai conté cette histoire c'est pour que sachiez que la vie peut être cruelle même dans notre belle cage dorée. Il va falloir vous y préparer et je suis là pour cela.

Pour le moment, profitons de ce répit que la vie nous offre et attendons de voir ce que le futur à prévu pour nous !



Name: cf. Shiki
Âge: cf. Shiki
Comment avez-vous connu Yume? cf. Shiki
Remarques? Oui, j'aime beaucoup le cf.
Senbonzakura: ;)



[/color]


Dernière édition par Takatsukasa Soren le Dim 9 Nov - 20:17, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 247
Maître
Âge : 36 ans
Pouvoir : Contrôle le vent.
Relations : The Book of Masks
Journal : Recueil d'un Oni.
Shogun




MessageSujet: Re: Takatsukasa Soren
Mar 4 Nov - 9:34
Voir le profil de l'utilisateur


Re Bienvenue O/
Bon courage pour la suite de ta fiche, qui commence merveilleusement bien d'ailleurs ~

Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 107
1er Rôle
Pouvoir : *
Relations : Soyez les notes de mes gammes
Journal : Partitions
Meika




MessageSujet: Re: Takatsukasa Soren
Dim 9 Nov - 20:18
Voir le profil de l'utilisateur
Merci beaucoup !
Tout est rempli maintenant ! ;)


Paroles de Soren : #663E10
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 247
Maître
Âge : 36 ans
Pouvoir : Contrôle le vent.
Relations : The Book of Masks
Journal : Recueil d'un Oni.
Shogun




MessageSujet: Re: Takatsukasa Soren
Dim 9 Nov - 20:27
Voir le profil de l'utilisateur




Validation

Encore bienvenue, Soren, tu es validée!

Comme tu as reçu ta couleur et ton rang, tu peux directement aller faire une demande de logement, de RPG ou de Kit. Les sections Journal et Relations te sont également ouvertes.

La partie Station Kaeru te propose de faire des RPGs de 500 mots maximum, mais tu ne pourras accéder à certaines zones RPG qu'avec un minimum de pétales. Pour tout ce qui est infos pratiques, tu les trouveras dans la section aide! En la consultant, cela t'évitera des soucis de compréhension et tu t'habitueras petit à petit aux zones du forum.

Si jamais tu ne comprends pas tout, tu peux demander un parrain. À chaque clôture de RP, ce parrain viendra t'en faire un topo par mp et t'expliquer ce qui va ou ne va pas. De ce fait, tu pourras t'améliorer. N'hésite pas à saluer les nouveaux venus, cela fait toujours plaisir. Ici, tu pourras discuter avec d'autres membres en dehors des aventures que vous ferez.

Pour toute question, que ce soit au niveau du développement de tes RPs que pour le codage, n'hésite pas à faire appel à ton parrain et au Staff : ils sont là pour ça!

Sinon, nous espérons que tu t'amuseras bien parmi nous et que tu t'y plairas!

Bon jeu!




© Yumeguni


Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé





MessageSujet: Re: Takatsukasa Soren

Revenir en haut Aller en bas
 

Takatsukasa Soren

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 

 Sujets similaires

-
» Soren Ké Thù
» Rendez-vous d'un soir [Pv Soren] [TERMINE]
» Barthélemy Soren
» L'àge de déraison [PV Soren & Lomah] [TERMINE]
» Tu l'as sur ton Ipod ?
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Yume no Kuni :: Présentations :: Registres Humains :: Validés-